La promenade de Nickie« Christel guettait l’arrivée de son Maître. Sensation de bien-être et d’inquiétude, comme à chaque fois qu’un nouveau scénario l’attendait. C’était plus fort qu’elle ce besoin de soumission qu’Alban lui avait fait découvrir. Après avoir tenté de rejeter cet état de dépendance, elle avait finalement accepté de s’abandonner totalement à Alban, devenu son Maître, et elle ne le regrettait absolument pas.

Comme chaque fois qu’il concevait un nouveau jeu, Alban avait pour habitude de fournir quelques indications à Christel, juste ce qu’il fallait pour déclencher en elle le feu de l’excitation accompagné de cette légère inquiétude qui donnait ce mélange explosif qu’elle aimait tant.

– Aujourd’hui, tu seras ma chienne, lui avait annoncé Alban. Plus que d’habitude.

C’était ce « plus que d’habitude » qui tiraillait le ventre de Christel, car le jeu du Maître et de la chienne, les deux amants s’y adonnaient régulièrement pour la plus grande satisfaction de chacun.

Christel s’était vêtue d’un simple paréo. Aucun sous-vêtements. Elle respectait ainsi les consignes fournies par Alban au téléphone, la veille au soir. Elle avait chaussé des escarpins, et s’apprêtait à parer son cou du collier de chien qui lui donnerait la touche finale. Elle regarda la médaille accrochée par un anneau au cuir rouge. « Nickie propriété de A. ». Elle connaissait cette phrase par cœur, mais elle avait toujours plaisir à la relire. Nickie, c’était le nom de chienne dont Alban l’avait affublée, Nickie, sa dalmatienne. Elle adorait.

Alban avait garé sa voiture au fond de l’impasse, dans le sens du départ. Il entraîna Christel vers l’arrière de l’Audi. Il ouvrit le coffre et ordonna :

– Commence par te déshabiller ! Ne garde que ton collier ! Je t’emmène en promenade Nickie.

Malgré son excitation, Christel se crispa. Elle regarda autour d’elle. Bien sûr l’endroit n’était guère fréquenté, c’était une voie sans issue. Il n’en restait pas moins que deux femmes et un homme discutaient devant leur portail à quelques mètres devant la voiture. Et puis, il y avait les maisons, juste à côté. Et si quelqu’un sortait…

– Oh non, supplia Christel, pas ici, pas en pleine rue !

Le regard sévère d’Alban lui fournit la réponse qu’elle avait déjà anticipée. Elle n’insista pas et quitta ses escarpins, puis dénoua son paréo, en prenant soin de se pencher un peu. Ce geste lui donnait le sentiment très subjectif de se protéger des éventuels regards des riverains.

– Monte, sale chienne ! Et dépêche-toi si tu veux partir en promenade ! poursuivit Alban

Le qualificatif de « sale » déplaisait à Christel. Mais, elle se garda bien de faire le moindre commentaire à son Maître. Au contraire, elle s’empressa d’enjamber la jupe du coffre et s’installa sur le tapis de caoutchouc, trop contente d’échapper aux possibles regards qu’elle aurait eu honte de supporter. Elle se coucha en se recroquevillant pour tenir compte de l’exiguïté de l’endroit habituellement réservé aux bagages. Elle eut juste le temps de baisser la tête avant qu’Alban ne referme le coffre. Une fois dans le noir, elle prit conscience que son ventre la serrait. Ce mélange de peur et d’excitation qu’elle aimait tant. Elle entendit le vrombissement du moteur. L’Audi venait de démarrer.

Alban sortit de la ville. Il parcourut quelques kilomètres. Le panneau routier annonçait une petite agglomération, idéale pour la première étape. C’était jour de marché. L’Audi s’engagea dans une petite rue perpendiculaire. Alban trouva une place en créneau, suffisamment à l’écart, tout en étant assez proche du marché. Il coupa le contact et descendit de la voiture.

Lorsqu’il entrouvrit le coffre, il découvrit Christel dans sa position de chienne prostrée. Elle releva la tête et comprit immédiatement la situation en apercevant dans l’entrebâillement les passants qui circulaient. Alban se pencha vers elle.

– Non, je t’en prie, n’ouvre pas plus ! murmura-t-elle.

La honte l’avait envahie. Elle se voyait déjà offerte à la vue de tous. Elle se disait que non, Alban n’ouvrirait pas davantage le coffre, qu’il ne ferait pas cela, et puis, en même temps, qu’il en était bien capable. Tout le monde allait la voir nue avec son collier de chienne. Non, elle ne le voulait pas, et pourtant… Le couvercle métallique se soulevait progressivement, imperceptiblement. Cela dura quelques minutes pendant lesquelles Christel sentit son corps se contracter. Puis Alban referma brusquement le coffre. Immense soulagement pour Christel qui relâcha ses muscles. Elle glissa sa main entre ses jambes, et découvrit sans surprise que l’intérieur de ses cuisses était trempé sous l’effet de l’incroyable excitation que lui procurait son début de promenade de chienne.

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