Il y a des moments forts dans la relation d’échange de pouvoirs érotiques.
Ce sont des moments exaltants, extraordinaires, qui nous donnent l’occasion de nous sentir presque de meilleurs humains, si je peux me permettre l’outrecuidance.
À côté de ces rushs fabuleux, il y a aussi des downs tout aussi intenses quoique beaucoup moins fabuleux dans la relation d’échange de pouvoirs érotiques.
Ce sont des moments difficiles, moins sexy, exigeants, parfois douloureux. Dans ces moments terriblement chargés d’incertitude, tout peut sembler bloqué, englué, à l’occasion difficile à accepter, généralement parce que l’on se retrouve face à soi-même et à ses choix. Face à son passé qu’on ne peut changer. Ces downs peuvent devenir vertigineux quand le doute s’installe et ouvre la porte à des appartements en soi que l’on ne souhaite pas refréquenter à nouveau, ou faire découvrir à l’autre… ou pire, que l’on ne connait pas soi-même encore.
Je relis Foglia (encore lui) qui répond à Brunet dans son Paroles d’hommes :
Et si tu avais d’autres enfants demain, tu changerais ton approche?
Foglia : Bien sûr. Je ne referais plus ça. C’est con de traiter des enfants comme des adultes. Ils ont besoin d’affection même quand ils font chier. Peut-être plus encore quand ils font chier.
L’échange de pouvoirs avec une soumise, hé que ça ressemble donc à ça, à notre façon d’être avec nos enfants.
Je veux dire : comme dominant, c’est dans les moments difficiles qu’il faut puiser quelque part, je sais pas où, pour faire sortir le meilleur de soi. Pas seulement au moment du coït.
Et de lui dire par exemple qu’on l’aime notre soumise. Que nous sommes fier d’elle malgré les embûches. Que même si son corps dit oui mais qu’une bonne partie de sa tête fait non, eh bien ce sera non. Que même si elle dit vouloir reserrer sa soumission d’un quart de tour un jour et que le lendemain, elle veut prendre du recul, ben c’est correct. Il faut être prêt avant de sauter en parachute.
Et lui dire aussi à la soumise que sans elle, ben rien de tout ça n’est possible. Que rien de cette folie créative ne peut souffler sur nos têtes et dans nos corps. Rien de cette intensité…
Photo : YourGentleMaster.
