Photo: Corps_Circuits
Dans votre cadre de soumission, charnelle délicate, vous évaluez depuis quelques mois les différents aspects de votre soumission et de la servitude, à savoir l’échange de pouvoirs comme tel, l’obéissance, la confiance, le respect, le don de soi, le bonheur à travers l’autre et l’altruisme, notant chaque élément sur 10.
Évidemment, il ne faut pas voir ces chiffres comme un résultat d’examen, “zut, j’ai 4 sur 10″, mais plus au sens d’étape à franchir, de marche à grimper.
Quand j’ai lu vos dernières évaluations, j’avoue les avoir trouvées un peu hautes.
En fait, j’estimais vos premières évaluations bien hautes au départ en septembre dernier. Je n’en ai pas fait de cas, me disant qu’il fallait bien commencer quelque part. Comme à la Bourse, les secousses viendraient corriger le tir en cours de route et nous sortir de la bulle spéculative.
Prenons le cas de la confiance.
Certes vous avez confiance en votre guide. De plus en plus. Tout comme vous prenez de plus en plus confiance en vous.
En outre, vous constatez avec satisfaction (et une certaine incrédulité) que les paroles et les gestes de Monsieur sont bien alignés et ne dérogent pas, ce qui vous amène à vous ouvrir toujours un peu davantage.
Vous êtes bien aux pieds de Monsieur, ça crève les yeux. Mais votre confiance est bien fragile, mademoiselle, et sujette aux vents.
Je vais vous dire : si vous aviez si tant tellement confiance en Monsieur comme vous le spécifiez dans votre document (vous évaluez votre confiance à 8 sur 10), vous n’auriez pas réagi comme vous l’avez fait cette fin de semaine de notre rencontre no 21.
Au mieux, vous auriez laissé aller, sans vous poser mille questions (au risque de tomber dans le jeu, mais c’est là une autre question).
Je présume même que le jour où vous serez en mesure de cesser de vous les poser ces mille questions (mettons que l’on descend à 500 questions…), vous pourrez très certainement envisager de réviser votre évaluation actuelle. En ce moment, nous en sommes quoi, à 2 ou 3 par rapport à la confiance, réellement ?
Au pire, si je vous laissais le loisir de vous poser la question, vous ne vous demanderiez pas ce qui s’est passé, mais pour quelles raisons votre guide a choisi cette voie, en cherchant à suivre sa démarche que je ne vous cache jamais par ailleurs.
D’un autre côté, l’autre fin de semaine, je sentais quelque part que vous étiez moins fâchée envers Monsieur que vous ne l’étiez envers votre amie. En fait, vous disiez être tannée de vous faire “jouer dans le dos”, de vous faire mentir, tout en regardant copinette.
En réalité, on aurait dit que vous parliez à quelqu’un d’autre.
Photo : Erotic Gem.
Voici le second bloc de mon rapport sur la rencontre no 21.
J’attendais que notre rencontre no 22 se soit déroulée pour compléter ce rapport.
Un mot d’abord pour tirer à bout portant sur ce pigeon d’argile que vous répétez comme un mantra : je ne vous ai jamais dit que le bdsm est pour la soumise le don de soi au point d’accepter de l’autre, du dom en l’occurrence, tout ce qui lui passe par la tête.
Loin de là.
Avant cette fin de semaine de la rencontre no 21, je vous ai poussée dans vos derniers retranchements à deux reprises (chez GreenEyes une fois avec ce mec éméché et l’autre fois avec l’hôte de ces lieux).
Je veux justement qu’en état de soumission, mademoiselle sache être capable de dire “non”, qu’elle apprenne à s’exprimer et d’user de son jugement, au lieu de craindre de “décevoir” Monsieur ou de ne pas dire ce qu’elle “devrait” dire, ce qui est “attendu” d’elle.
Ce que vous semblez oublier vis-à-vis Monsieur parfois dans vos élans de mauvaise foi, même si vous souhaitez de tout votre coeur et de tout votre corps vous trouver à ses pieds, c’est que je ne fais pas tout ce qui me passe par la tête. Je me sens une responsabilité à votre égard.
Dans mon billet “Les omelettes“, que j’aurais très bien pu intituler “A Reality Check part one”, j’ai parlé de l’orgueil. Sachez mademoiselle la soumise, que “l’orgueil de devoir admettre une limite réelle pour [vous] qui fait ressortir vos points faibles et négatifs, et à améliorer” est sans doute celui qui m’intéresse le plus en ce moment.
Ce n’est pas un point faible d’admettre une limite. C’est au contraire une force, une qualité. Vos limites nous sont encore bien floues, pour être honnête, bien que nous en tâtions. Ce n’est pas une tare d’avoir des limites, c’est bien normal et légitime.
Il est de mon devoir de les connaître vos limites que je renommerai ici vos blessures, vos craintes et vos enjeux, avant de penser un jour les recadrer.
Comme Monsieur le souligne dans son billet intitulé : La punition ultime, mon refuge est la froideur et je commence à le comprendre.
Ce que je comprends après nos discussions lors de cette rencontre est que vous avez bien cerné mon enjeu principal. M’embrasser et prendre soin de moi comme vous le faites ne peut que me déstabiliser royalement.
En fait, le BDSM est un moyen parfait pour ma fuite.
Fuir dans mes fantasmes en vivant des relations froides, autoritaires et sans vraiment m’impliquer émotionnellement, était une solution toute désignée pour me permettre une agréable fuite en avant. Tout en nourrissant l’illusion de cheminer ou d’assumer mes choix.
Par contre, je me suis déjouée en quelque sorte en choisissant un Dominant qui saurait aller plus loin. Bravo à moi!
Honnêtement, mes fantasmes de soumission, de salope, de service et bien d’autres sont présents depuis fort longtemps. J’ai bien l’intention de continuer, de passer du fantasme à la réalité et d’en arriver à m’accepter pleinement. Le but étant toujours de permettre à J et à thya de vivre en parfaite harmonie.
Par contre, ce que je comprends du message de Monsieur est que, oui mon désir de soumission est réel mais Monsieur n’ira pas à n’importe quel prix. Il avancera sur le chemin le plus sain possible et de manière à ce que notre échange de pouvoir nous/me soit positif. Pour ce faire, nous devons régler mon enjeu principal pour ne pas vivre ma soumission en mode jeu ou en mode fuite mais plutôt d’une façon saine.
