Je suis assis sous le balcon de cette demeure à San Giorgio. La haie de cèdres m’enveloppe de toutes parts.
La soirée est magnifique. J’adore cette pluie drue, toute cette humidité végétale.
Je suis perdu dans mes pensées.
« Es-tu prêt à rentrer? me demande ma voisine. Il me semble qu’il fait frette.»
Rentrer? Frette? Que non. Il fait chaud, me semble. Et même très chaud. Je nage en plein fantasme.
Mon esprit vous accompagne dans ce petit sentier faiblement éclairé par des halos bien espacés.
Ma voisine a beau mouliner ses paroles à tout vent, je n’entend rien d’autre qu’un chuchotement qui vous annonce que bientôt, je vous ferai rapprocher.
Je vois déjà cet os à la vanille surgir de nulle part, mais vous ne le savez pas encore, il est enveloppé d’un tissu. Je crois qu’il servira à vous empêcher de vous entendre gueuler… tantôt.
Et faire peur aux porc-épics.
Là, je visualise très bien vous prendre par le chignon dans cette nuit appalachienne, vous savez. Ne serait-ce que pour ne pas vous faire perdre l’équilibre. Quoique…
Et ajouter dans un dernier soufle qu’une fessée sous la pluie serait aussi chaude qu’un chocolat fondant dans la bouche.
Décidément, ces promenades montérégiennes m’inspirent.
Photo : Eric Kellerman via YourGentleMaster.



