Je ne sais plus quelle soumise je suis.
Si je fais un retour en arrière, quand je suis arrivée en BDSM c’était vraiment pour une envie de jeux épicés et comme exutoire.
Au fils du temps, j’ai appris à connaître le BDSM et à m’y intéresser davantage. J’ai eu un Maître pendant plus d’un an que je voyais 4 heures aux deux semaines. Ce qui me convenait parfaitement. Petit à petit, mes besoins et désirs ont évolués. Nous avons mis fin à notre relation car selon moi, nous ne pouvions cheminer davantage ensemble.
Quelques mois après, je fais votre connaissance. La distance de nos domiciles et de nos rencontres a permis une évolution lente de notre relation. Ce lent cheminement me permet de goûter pleinement chaque passage. Essayant le plus possible d’être en phase entre ce que je dis, ce que je fais et ce que je pense.
Vous m’avez ensuite imposé une période de dormance. Pendant ce temps, une autre facette de notre relation a évoluée, ce qui est vraiment inattendu.
Aujourd’hui, plusieurs paramètres ont changés. La distance n’y est plus. Vous êtes la dernière personne que je vois le soir et la première le matin, Vous faites maintenant partie de mon quotidien. Vous n’êtes plus l’homme mystérieux sur internet qui me donne des instructions en ligne, des devoirs etc… Cette relation devient plus sérieuse, vous êtes maintenant impliqué dans tous les sphères de ma vie. Pour moi, c’est clair que cela a de nombreux avantages mais aussi des inconvénients.
La dormance tire à sa fin. Je reprends tranquillement ma soumission. Mais je ne sais pas, on dirait que la flamme n’y est pas. Je rêve pourtant lorsqu’on fait l’amour que vous m’attachez, me donnez la fessée, me faites des demandes, je rêve d’abandon et de perversité…
Je reprends petit à petit des tâches ou habitudes que je souhaite être les miennes. Par exemple : baiser vos pieds à votre réveil si nous sommes seules, préparer et servir votre café, demander la permission pour aller dormir… Mais je me sens maladroite, je ne sais pas ce que je veux comme cadre dans cette nouvelle réalité.
Je suis maintenant à essayer d’identifier ce que j’aimerais dans cette nouvelle relation. Mais jusqu’à présent je suis plutôt capable de dire ce que je ne veux pas c’est-à-dire être Mon esclave.
Par exemple: Travailler à temps plein, m’occuper de mes enfants, étudier pour mon cours, m’occuper de ma maison, m’occuper de Monsieur (nourriture, lavage, soins corporel, servir). Pendant que Monsieur s’amusera sur le net à dominer d’autres soumises, à les humilier, à prévoir des petits colis avec instructions pour les soirées de d’autres soumises etc…
Ce n’est pas ce que je recherche dans ma vie. Ça fait partie de mon ancienne vie. Je ne veux pas revenir en arrière et m’oublier. Tout faire pour les autres et moi ne plus exister.
Jadis, j’ai eu besoin de créer thya pour prendre soin de cette partie de moi. Elle s’est occupé de mes désirs, mes envies, mes besoins. thya m’a permis cette soupape que J ne se permet pas car trop exigeante. Mais thya n’est plus.
Pendant la dormance, J a pris la place et avec la fin des vacances, elle reprend toute l’espace ne laissant pas de place à mes désirs. Je suis peut-être trop égoïste ou centrée sur moi mais j’ai besoin de penser à moi. Je désire me soumettre à Vous, lâcher prise et sentir que Vous prendrez la laisse autour de mon cou.
Tout va vite et Vous faites maintenant partie de cette course. Vous courez à mes côtés quand avant, Vous étiez celui qui me permettait d’arrêter et de soupirer langoureusement.
J’ai peur de me perdre à nouveau, je n’ai plus de repère et je n’ai pas envie de revenir à ce que j’étais et avec en plus la charge d’un Dom… J’ai envie de vivre et de profiter de la vie comme je l’ai découverte avec Vous.
Ce que je comprends de plus en plus est que c’est moi qui m’impose ces responsabilités et personne d’autre. Vous ne me demandez rien et je vois très bien que Vous faites les repas, les tâches ménagères etc… En réalité, Vous m’êtes d’une grande aide et pas du tout un fardeau de plus. Néanmoins, j’ai une crainte et je me refuse de redevenir Mon esclave. Je dois trouver mon équilibre, réussir à trouver le juste milieu.
Je suis aujourd’hui une soumise anonyme n’ayant pas d’identité, n’étant personne ou plutôt étant une soumise en devenir. Je ne sais pas trop mais c’est vrai que je me sens comme ça. Nous avons pris le chemin de la dormance mais maintenant devant ce nouveau carrefour quel chemin dois-je emprunter Monsieur?
Photos: lightpainter, cercle O - l’album, masterem49
Voilà un billet qui mérite une réponse courte, une réponse moyenne et une réponse longue.
Comment par Monsieur — September 18, 2007 @ 6:32 pm
Une réponse courte : du calme, soumise !
Comment par Monsieur — September 18, 2007 @ 6:53 pm
Avant de passer à la réponse moyenne, je suis bien curieux de savoir ce que vous entendez par les inconvénients auxquels vous faites allusion dans votre billet. Car vous n’en faites pas mention expressément.
Comment par Monsieur — September 18, 2007 @ 9:31 pm
La soumise anonyme pose des questions à Monsieur. Elle attend ses réponses, dit-elle. Elle attend des réponses de son guide.
Elle attend également de savoir ce qu’elle veut. Elle sait ce qu’elle ne veut pas, dit-elle, ce qu’elle ne souhaite pas. Sauf erreur, elle nous a déjà fait l’offrande, non ? Ou pense-t-elle devoir reformuler ?
Pour ma part, je vous dirai ceci : votre reddition naitra de vos choix, femme, sur lesquels s’accordent thya et J, et qu’incarnera une nouvelle identité sous peu.
Votre reddition, elle viendra se traîner à genoux jusqu’à Monsieur.
Pour venir y chercher toute la tendresse souhaitée et la fermeté requise, afin de faire de vous une femme comblée, plus complète, “comblante” comme vous le souhaitez ardemment (i.e. qui est capable de combler ;- ).
Jusqu’à nouvel ordre, la soumise devient mademoiselle de Valmont.
Photo : via cercle O - l’album.
Comment par Monsieur — September 18, 2007 @ 10:54 pm
Les inconvénients : N’ayant pas vraiment l’expérience je peux tout de même penser au désir que souvent le quotidien ou la routine tue. C’est-à-dire, vous me voyez à chaque jour et pas seulement sous mon meilleur jour. Je ne suis pas toujours en petite jupe, bien maquillée, bien coiffée, bien rasée, aux pieds de Monsieur et les fesses offertes…
Nous n’avons plus nos petites escapades juste à nous. Je sais, les circonstances du moment y font pour beaucoup mais néanmoins c’est la réalité d’aujourd’hui.
Aussi, je suis une soumise au quotidien ne sachant jamais quand Monsieur me fera une demande X… Avant, ma soumission était plus circonscrite dans un cadre et dans le temps.
À bien y réfléchir, je pense que c’est justement l’absence de cadre qui m’insécurise. Mais je dois lâcher prise… hihi! Le fameux mot clé.
L’offrande : Non, je ne tiens pas à reformuler.
Ce que j’ai écris, je le pense et le souhaite encore. Mais je ne sais pas trop quelle forme cela peut prendre maintenant et ça me fait peur un tantinet même si j’en rêve.
Comment par mademoiselle — September 19, 2007 @ 11:03 am
La réponse longue à votre billet, j’en fais un billet en soi, dans la mesure où ma réponse sera plus longue qu’un commentaire « ordinaire », et que sans doute elle génèrera des commentaires à son tour.
Comment par Monsieur — September 20, 2007 @ 7:27 pm