Sitting in shameSuite à la demande de Monsieur Valmont au sujet de ne pas passer sous silence le fait que l’humiliation m’excite, je plonge tête première dans l’analyse de cette émotion que je ne comprends pas.

Alors voici :

J’ai lu sur le site ‘Guide des émotions’ des explications que je ne trouve pas bête du tout :

Qu’est-ce que l’humiliation?

L’humiliation n’est pas une émotion. C’est une blessure à l’amour-propre, plus particulièrement un accroc à l’image que l’on veut donner de soi-même. L’humiliation nous est infligée par un autre ou par nous-mêmes. Elle est habituellement accompagnée par un sentiment de honte. Elle déclenche souvent de la colère ou de la révolte.

En fait, c’est très personnel, ce qui va paraître humiliant pour certains ne l’est pour d’autres. Pour ma part, l’humiliation qui m’excite n’est pas celle qui me dénigre. Il y a une différence importante.

À quoi sert l’humiliation?

Être humilié est le signe que nous n’assumons pas la situation. Ce refus peut s’expliquer par la peur d’entacher notre image, comme dans les trois premiers exemples.

Exemple 1 : je suis mortifiée de devoir subir le jugement des autres concernant ma situation familiale car j’en ai honte.

Exemple 2 : je suis fâché car mon image de moi va souffrir de ma piètre performance.

Exemple 3 : selon mes valeurs, je me suis abaissé à faire des excuses.

L’humiliation déclenchée par la crainte d’entacher notre image nécessite la présence d’un public. Elle provoque alors un sentiment de honte.

Dans d’autres cas, comme celui du dernier exemple, l’humiliation a peu à voir avec la réaction des autres. Elle provient du fait que ce que nous subissons est dégradant à nos propres yeux. C’est le cas de l’humiliation subie alors que nous sommes en situations d’impuissance. Ce n’est pas la honte qui prédomine alors, mais la colère ou la révolte, généralement retenues ou dissimulées à cause des risques qu’entraînerait une réaction ouverte. Cette inhibition volontaire contribue à rendre l’expérience encore plus humiliante en faisant de nous les complices silencieux de l’expérience révoltante et dégradante.

Qu’est-ce que la honte?

La honte est une émotion mixte. C’est la version sociale de la culpabilité. On n’éprouve jamais de la honte seul face à soi-même. La honte est un sentiment qui est toujours vécu “devant” les autres et “par rapport” à leur jugement.

La honte survient lorsqu’on est visible dans un aspect de soi qu’on juge très négativement. Elle est composée d’une réaction d’humiliation devant le jugement de l’autre et du jugement négatif (culpabilité) qu’on porte soi-même sur cet aspect.

La honte est une émotion mixte

Quand on décide d’apprivoiser sa vie émotive on s’aperçoit que telle la bête apparemment effrayante de nos fantasmes, elle gagne à être connue. On se rend compte d’abord que tout ce qu’on vit a un sens mais on constate en plus qu’il est facile de saisir ce sens quand on “s’écoute de l’intérieur”. Ce qui donne un air effrayant à ce qui se passe en nous, c’est le fait de le regarder à distance, de l’extérieur et de tenter de l’interpréter ou de le deviner. C’est ainsi qu’on demeure un étranger pour soi-même. N’est-il pas normal de n’être pas tout à fait à l’aise avec un étranger?

À quoi sert la honte?

Elle permet de constater que nous n’assumons pas ce qui nous fait honte. Elle permet aussi d’identifier le jugement que nous portons nous-même sur le sujet. (C’est justement ce jugement qui rend difficile de l’assumer). Enfin, elle nous informe de l’importance des personnes devant lesquelles nous vivons cette honte.

Utilisation défensive: éviter les jugements

Il est difficile de s’exposer au jugement de l’autre et de consentir à être humilié. Si je considère comme puérile ma peur de parler en public, il est normal que je craigne que d’autres portent le même jugement que moi. En m’exposant à leur critique, je prends le risque d’être humilié.

Par contre, si je ne m’expose pas dans ce que je suis, je perds l’occasion de m’assumer. Il est particulièrement important, pour croître, que je confronte les objets de ma honte. C’est par ce chemin que je puis régler le problème qui en est la source.

Suite à cette lecture, je comprends que l’humiliation est ma honte par rapport à moi-même. Alors, je me juge négativement d’aimer ce que Monsieur me fait de vivre.

La honteDans le fond, ce que j’aime n’est pas de ressentir l’humiliation mais bien ce que je vis. Ce sont les plaisir des activités que je n’assume pas et mon corps ne ment pas. Par contre, mon ego lui n’apprécie pas beaucoup mais il n’est pas mon esprit mais plutôt l’idée fixe et limitée que mon esprit se fait de lui-même.

Est-ce que je serais moins excitée si je m’assumais pleinement? À première vue, je crois que non. Car, ce pas l’humiliation qui m’excite.

Si Monsieur m’humiliait avec quelque chose qui en mon for intérieur me répugne réellement au plus au point ou qui fait partie de mes limites réelles ou même s’il me dénigre, je ne serai pas excitée du tout. Alors là, je ne mouillerais pas du tout.

Dans un commentaire du billet: Rencontre no 38 j’écris: “Monsieur partage comment il apprécie que je sois à sa disposition, offerte à lui pour m’utiliser à sa convenance. Je dois rougir à vue d’œil.”

Je dis me sentir humiliée et j’en ai honte. Pourtant, c’est bien moi qui a choisi cette voie. C’est ce que j’aime, ce qui m’excite. Ça fait de moi une salope, une chienne ou je ne sais pas trop quoi d’autres… Mais, ces actes sont pour les mauvaises filles et moi je suis une bonne fille.

Pourtant, c’est tout ce qu’il y a de plus faux, avoir mon plaisir ne fait pas de moi une mauvaise fille. Mais, il faut croire par ma réaction que je n’accepte pas ou ne m’assume pas encore.

Toujours selon le site ‘Guide des émotions’. Une émotion mixte (culpabilité, jalousie, honte etc..) sert à nous désinformer. Pour réussir à la comprendre réellement, il faut la décomposer pour identifier les subterfuges, confronter ces derniers et vivre les émotions réelles.

Finalement, apprendre à me connaître davantage est une des raisons pour laquelle j’ai choisi le BDSM. Alors, peut-être que pour arriver à m’assumer pleinement, je devrai d’abord devenir un peu plus humble et accepter les choix que j’ai fait…

Source: nitedom, michel110011