J’ai de la difficulté à comprendre jusqu’où je peux prendre des initiatives.
Prendre des initiatives, j’ai aucun problème avec ça dans ma vie de tous les jours. Par contre, dans ma soumission, j’ai peur d’aller trop loin et que vous pensez que je veux prendre le contrôle.
Prendre l’initiative lorsqu’il s’agit de vous faire plaisir c’est-à-dire d’entreprendre une action axée sur votre plaisir est selon moi, tout à fait acceptable voir souhaitable.
Préparer votre café, m’asseoir à vos pieds, vous servir un repas, vous laver, vous offrir un massage sont des initiatives tournées vers vous. Ça je comprends tout à fait et ça me fait plaisir.
Par contre, si je reprends l’exemple que j’ai donné dans un commentaire:
Durant le temps des fêtes, j’ai pensé à m’auto-ligoter. Lorsque Monsieur serait arrivé du boulot, j’aurais pu faire un ‘Au secours!’ et Monsieur, au lieu de me sauver, aurait pu s’amuser un peu… ;- )
Mais, c’est à Monsieur de décider lorsque je mériterai de vivre ce fantasme. Alors, je n’ai pas mis mon plan à exécution. Peur d’aller trop loin et que Monsieur pense que je veux prendre le contrôle.
Mon plaisir est une des clés que je vous ai remis, il y a déjà longtemps. Je n’ai pas de plaisir charnel sans votre permission. Aussi, je ne veux pas vous déplaire ou que vous pensiez que je veux prendre le contrôle ou que je suis en mode fuite.
En ce sens, je ne sais pas jusqu’où aller dans mes initiatives.
Selon moi, m’attacher au lit, vous offrir une soumise ou un soumis, préparer une fin de semaine ‘BDSM’ serait dépasser les bornes.
Par contre, si je reprends notre soirée Sushi & Chasse aux trésors. Vous m’avez dit qu’être à ma place, vous auriez mis l’œuf à l’intérieur de mon sexe et auriez remis la manette à Monsieur.
Pour moi, avoir pris cette initiative, aurait été vouloir prendre le contrôle. Mais vous me dites que non.
D’un autre côté, entamer une discussion sur msn avec les scélérates, sans en avoir demandé la permission au préalable à Monsieur, cela est une faute.
Je suis un peu confuse… Je ne sais pas jusqu’où je peux aller.. Qu’est-ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Il y a vraisemblablement quelque chose que je ne comprends pas dans le fait de prendre des initiatives…

Ahah! Dilemme. Faut croire que Monsieur n’a pas encore bien défini le cadre ou fini de négocier avec vous. Vous ne pouvez certes pas lui faire remarquer aussi candidement que moi, j’imagine
Mais à la défense de Monsieur tout cela est un processus continu et itératif. Impossible de tout prévoir d’avance, de couvrir tous les angles, d’anticiper la moindre subtilité.
N’a-t-il pas affirmé dans quelque billet que vous aviez le droit sinon la responsabilité de clarifier les attentes avec lui?
Personnellement, je ne rabrouerai certainement pas ma chère fleur pour faire preuve d’initiative même si je serais critique et sévère pour les juger au mérite. Mais
a chacun son style…
Comment par Un autre Monsieur — January 9, 2008 @ 10:10 pm
Ayant eu une relation par certains côtés similaire à la vôtre, je me suis trouvée confrontée à pareil questionnement, mais pour d’autres raisons.
Mon cadre était différent : pas d’initiatives.
Seulement voilà, le PAS, à la longue, pèse malgré tout sur celui qui l’impose. Il endosse le rôle de despote et il n’y a plus d’échanges ni de complicités.
De l’autre côté, le PAS frustre celui/celle qui a envie de donner, anéanti le partage et la spontanéité.
Alors, à moins d’être terne, sans envergure ni personnalité, la relation devient impossible.
S’instaure alors un modus vivendi implicite.
C’est vicieux et à double tranchant, avec toujours le/la même perdant/e car quoiqu’il/elle fasse cela pourra toujours lui être reproché : “vous outrepassez votre statut”.
Je suis de l’avis de Un autre Monsieur pour ce qui est de la clarification du cadre (les non-dit sont détestables) en revanche je m’inscris en faux concernant sa précision :”je serais critique et sévère pour les juger au mérite” remarque que j’assimile à un jugement de valeur d’un père fouettard et qui n’a pas lieu d’être lors qu’on laisse la liberté de comportement, qui dans ce genre de relation, est en majeur partie tournée vers le plaisir du dominant. S’il y a eu erreur ou mesestimation dans l’initiative, l’explication/précision/rectification qui s’en suivrait devrait être faite avec tendresse et respect, au risque de blesser et de casser certaines ailes…
Mais comme il le dit aussi, à chacun son style et sa perception.
Comment par Alicine — January 10, 2008 @ 2:56 am
Perception en effet, car la critique et la sévérité que j’évoque n’a pas à être destructrice, au contraire, elle peut (doit) s’exercer dans la dynamique de l’échange de pouvoir consenti en tout respect et l’alimenter. Si l’initiative en question cadre parfaitement dans la relation, pourquoi la remetterais-je en question?
Prendre toute initiative proposée par la soumise positivement sans discernement peut effectivement miner le fondement de la relation et affecter sa crédibilité, non?
C’est drôle, parce que comme Mademoiselle craint outrepasser ses responsabilités en prenant des initiatives, et comme dominant je crains de ne pas assumer les miennes en étant trop magnanime. Ceci dit, je ne suis que débutant et disons, pas extrémiste, loin de là (l’érotisme précède le pouvoir dans ma relation).
Ce sujet est possiblement le plus délicat et subtil d’entre tous.
Comment par Un autre Monsieur — January 10, 2008 @ 7:02 am
En écrivant ce billet, c’est en quelque sorte ce que je demande à Monsieur de m’éclaircir. On en a parlé déjà à quelques reprises mais, je nage toujours dans la confusion. Je suis bien d’accord avec Un autre Monsieur, il est impossible de tout prévoir.
Comme Alicine le dit si bien, avoir le droit de prendre des initiatives est important. Je l’apprécie beaucoup sinon, il est clair qu’une relation à long terme et à temps plein serait tout à fait impossible pour moi.
Mon problème est de ne pas vouloir déplaire ou ne pas vouloir faire de faute. Je n’ose pas trop avancer car je n’aime pas voir Monsieur mécontent de moi.
J’entends d’ici Monsieur dire que non, justement il ne faut pas avoir peur de déplaire… Mais enfin, je pense qu’il y a un milieu dans tout ça et c’est ce que je souhaite saisir.
Aussi, il clair que le cadre évolue et la négociation sera à mon avis toujours présente ou du moins, pour le temps que je ne serai pas en esclavage, ce qui ne sera pas envisageable avant 15-20 ans pour moi ;- )
Comment par mademoiselle inukshuk — January 11, 2008 @ 2:52 pm
Je ne sais pas si j’ai été “à bonne école” mais au début il m’a fallu me débrouiller seule. Je devais comprendre par moi-même, comprendre sans explications.
Pas facile !
Puis les limites s’établirent d’elles-mêmes.
Mais un jour, un soir, une nuit, ce fut la catastrophe. http://alicine.typepad.com/my_weblog/2007/10/kilukru-lucet-6.html
Parler….il faut parler ! Il faut exiger de savoir. Pour ne pas souffrir, ne pas se dévaloriser, même par inadvertance.
Comment par Alicine — January 11, 2008 @ 4:46 pm
Votre billet, mademoiselle, suscite chez-moi plusieurs réponses.
En voici une.
Je suis très sensible à cette remarque de mlle alicine : “Parler, il faut parler… pour ne pas se dévaloriser, même par inadvertance.”
Mon rôle est de la valoriser cette femme qui ose se dire à mouah et qui se dévoile pan à pan.
La valoriser passe par la parole.
Quand la relation d’échange de pouvoir se déroule en absence de parole, je m’interroge toujours fortement sur le caractère sain de cette relation.
Comment par Monsieur — January 19, 2008 @ 11:42 pm
Voici une autre réponse.
La soumise ne doit pas avoir peur de déplaire au dominant en exprimant comment elle aime (ou n’aime pas) faire plaisir, servir, obéir. C’est aussi au dominant de faire savoir ce qu’il veut, comment il le veut, à sa manière, au moment qui lui convient.
Qu’est-ce que l’éducation de la soumise si ce n’est l’apprentissage de ce qui plait à la personne dominante, en termes de gestes posés et de paroles dites, de rites, de protocoles, de mise en scène, de gestes et d’attentions, et qui plairont à des degrés divers à la personne soumise (parfois très énormément, parfois pas du tout).
Quand la soumise connaît mieux le dominant, elle ne doit pas craindre prendre l’initiative de lui faire plaisir, de le servir. De lui témoigner de sa gratitude, finalement.
Si la soumise s’interroge sur le bien-fondé de son initiative, elle n’a qu’à demander.
Comment par Monsieur — January 24, 2008 @ 12:00 am
Merci Maître Sévère de me laisser l’opportunité d’utiliser votre fenêtre afin de m’exprimer sur ce sujet. Ce sujet, je l’ai déjà abordé avec ma très belle amie fidèle lors d’un souper entre ‘’sacoche’’. j’en avais déduit à ce moment là que nous étions tout simplement un peu différente.
Mais suite à la lecture de tous V/vos commentaires je me suis remise en question. je ne savais plus si j’étais dans la bonne ligne de direction en ce qui concerne toutes mes initiatives pour faire plaisir à mon Maître. j’avais pourtant l’impression de connaître assez bien les envies de mon Maître pour trouver toute sorte de situation ou d’occasion pour Lui faire plaisir. Quoi de mieux pour un/une soumis/e que le sentiment de préparer quelque chose qui comblera Celui/Celle qui par son rôle prend du temps et de l’énergie à nous enseigner le don de soi. En plus par ces initiatives, certaines séances semblaient moins lourdes à porter pour Lui.
Et de toute façon que je sois dans l’erreur ou que je tape dans le mille, le Maître n’a-t-il pas l’opportunité d’attribuer une correction (avec l’intensité qu’Il désire) (physique ou cérébrale) pour punir si cela ne lui a pas plus ou pour remercier si cela l’a comblé. Et de notre côté de continuer à se peaufiner afin de rendre notre Maître fier de ce qu’Il accomplie de et avec nous.
Bien entendu une discussion avec mon Maître sur le sujet s’en ai suivi. Ouf !!! Que de soulagement. Rien de mieux qu’une bonne discussion. je sais maintenant que je n’étais pas trop en dehors de N/notre ‘’track’’ mais que je devrai toujours garder les yeux et oreilles ouverts/ouvertes afin d’être alerte aux changements ou orientation que N/notre relation prendra.
clochette bien heureuse soumise de Maître Sévère………..
Comment par Maitre Svre — January 27, 2008 @ 6:29 pm
Ha! Ma très chère clochette. Ton commentaire Me rappelle cette scène vécue juste avant la période des fêtes dans un endroit public. Mais c’est qu’il fallait vous voir, toi et fidelle, à genou, bien droite, la croupe bien ressortie, le cul à l’air, demander à vos Maîtres respectifs une faveur bien particulière qui portait justement sur une initiative quelconque. Et tout autour, ces yeux qui zyeutaient…
Maître H
Comment par Maitre H — January 27, 2008 @ 9:15 pm