réflexionJe m’aperçois de plus en plus de la difficulté à vivre à temps plein avec mon guide. Enfin, ce n’est pas tant de vivre avec lui, que de la difficulté à gérer mes personnalités contradictoires avec la même personne.

Monsieur me dit que nous formons une équipe et pourtant, je me le refuse encore.

Dans le quotidien, lorsque Monsieur m’offre une fessée ou qu’il me fait une demande, si cela ne me convient pas, je refuse ou détourne la conversation sans exécuter la demande.

Je me soumets seulement lorsque cela me convient. Ce qui est loin d’être ce que je veux faire de ma soumission.

Aussi, dernièrement je fais des reproches ou commentaires à Monsieur tel que :

  • Vous n’avez plus d’intérêt pour ma soumission, pour mon éducation.
  • Vous préférez surement le virtuel.
  • Vous aimez guider, diriger, aider les soumises, c’est ce qui vous fait ‘tripper’ et je ne veux pas vous empêcher de vivre ce que vous souhaitez vivre.
  • Je ne comprends pas ce que vous faites avec moi, vous devriez vous trouver une soumise qui sera pour vous.
  • Je n’ai pas de cadre, pas de protocole, pas de suivi ou de consignes.
  • Je ne veux pas être une obligation pour vous, vous n’avez pas à rester avec moi si vous n’êtes pas bien.

J’essaie de discuter avec Monsieur au fur et à mesure que ça vient, sans attendre la catastrophe. Souvent, les paroles de Monsieur m’apaisent mais mes peurs reviennent.

Par contre, j’ai beau comprendre ce que Monsieur fait de façon rationnel, le côté émotionnel ne suit pas. Mes craintes, mes doutes prennent le dessus et du coup, je renvoie la balle à Monsieur en pleine face.

Sur le cheminJe ne comprends pas pourquoi on prend notre temps pour bien faire les choses pour toutes les facettes mais pas pour mon enjeu principal. Qu’est-ce qui presse de ce côté?

Si on reprend l’exemple avec le Sherpa. Cela fait déjà un moment que je lui dis être blessée à la cheville. Que ma cheville va de plus en plus mal. Mais le Sherpa continue d’aller de l’avant. Maintenant, je lui dis clairement que ma cheville est cassée et je ne peux plus avancer. Je reste ici pour le moment ou prendre une voie moins escarpée, le temps de laisser la blessure se rétablir.

Monsieur me dit de le laisser oeuvrer et qu’en cas de doute, je dois m’en remettre au Maître.

Je réponds alors, avec un petit sourire aux lèvres que je n’ai pas de Maître. Mais sérieusement, je comprends ce qu’il me dit. Cependant, c’est la soumise qui s’en remet au Guide pas la femme.

Monsieur n’est plus juste un Dom que je vois un w-e sur 2, c’est l’homme qui partage ma vie. Nous sommes à apprivoiser notre vie commune, à apprendre à vivre ensemble, à élever des enfants ensemble, à définir notre vie BDSM qui est encore bien flou pour moi au quotidien…

Mais, je me plains le ventre plein… Je suis très choyée de vivre la relation que j’ai avec Monsieur. Et surtout avec la dernière soirée exceptionnelle que Monsieur a organisée et permis de vivre, je lui en suis sincèrement reconnaissante. Mais ceci, n’est pas l’objet de la difficulté car cela ne fait pas partie du quotidien.

Je pense que mon problème est que la femme que je suis désire être respectée, désirée, aimée, supportée, aidée etc… Tandis que la soumise souhaite être utilisée, brusquée, humiliée, abusée etc… et le Dom lui, doit arriver à trouver le bon équilibre dans tout ça.

Dans le même sens, c’est le même homme qui porte tous les chapeaux mais ça semble bien naturel pour Monsieur qui est en paix et en équilibre avec lui-même, contrairement à moi.

Comme je disais, je fais bien la différence du côté rationnel mais du côté émotionnel non… Je sais que de plus en plus la femme apprivoise la soumise et elles commencent à s’accepter l’une et l’autre. Mais la femme est loin d’accepter dans son quotidien ce que la soumise souhaite vivre…

J’aimerais trouver le milieu entre la soumise qui va tout accepter pour que le Dom soit heureux et, la soumise égoïste qui crie toujours ‘moi, moi, moi, moi et encore moi’.

Enfin, je pense que je dois atteindre l’équilibre entre les besoins de la soumise et ceux de la femme pour je puisse vivre en harmonie avec mes deux facettes au quotidien. Mais, pour l’instant, c’est très exigeant et je n’y arrive pas vraiment.

Il y a surement un terrain d’entente où Monsieur et moi pouvons trouver chacun notre compte. Une entente où Monsieur ne sentira pas que je veux contrôler la relation et sans que moi, j’aie l’impression que mes limites ne sont pas respectées?

Photos: Miss Aniela, Sator Arepo