J’entre au bar. J’aperçois deux poupées blondes au comptoir. Le bar est désert, hormis 2-3 personnes au fond et une vieille télé qui crache des images de séance de shopping télé. On se croirait dans un épisode de Stargate SG-1 qui se déroule dans un Far-West post-gothique, ou est-ce le Grand Guignol? Je m’asseois à côté de l’une des poupées et commande une bière. Je n’ai aucune idée si ce sont mes obligées, bien que certains signes vestimentaires trahissent un certain goût, pour ne pas dire un goût certain pour le coquin.
Non je n’ai aucune idée si ce sont mes obligées. Tout de même, la soumise croisée chez Greeneyes en novembre 2006, tout ce dont je me souviens d’elle, ce sont ses lèvres vaginales mises en évidence par son costume noir et ses fesses rougies par des élans à n’en point douter généreux. Parce que pour le reste, la petite portait cagoule!
Le rappel de cette situation me met d’humeur fort taquine. Les nanas se commandent un “sex on the beach”, je crois. Fait amusant, la serveuse ne peut limiter la teneur en alcool du verre, sa mesure semble déréglée.
“Bah, un petit surplus d’alcool peut toujours s’avérer fort utile dans certaines situations.”
Certaines situations, dites-vous?… Elle a beau avoir vu descendre l’inconnu d’une camionnette familière, le coeur de l’aspirante soumise semble s’échapper de son corps comme un poisson hors de son bocal. Quant à clochette, on dirait le fameux canard sur le dessin épinglé dans bien des tours à bureaux, celui qui se montre fort calme et serein en surface, alors qu’il en pédale une shot sous l’eau.
Les indices du départ fournis pour faciliter l’arrimage débouchent en conversation sur le désert du Nevada, l’O du Cirque du soleil, Zhumanity, sensuel et provocateur. J’aime bien cette conversation quasi galante. Je n’ai aucune idée de la suite des choses. Seule certitude : tantôt, nous irons tous en carosse chez Eos.
Je sonne la fin de la récré. J’indique à l’aspirante soumise le sac de Monsieur. Nous sortons. Des regards curieux suivent la scène. Là, tout se met en place d’un simple coup de baguette. La fée clochette demande à aller chercher le véhicule. Je lui fais signe d’approcher car j’ai quelque chose pour elle. Je lui mets sur la tête la casquette de chauffeure de Monsieur que mademoiselle inukshuk affectionne tant : “mlle clochette, vous êtes ce soir la soumise de service. Vous serez la chauffeure de Monsieur. Pour le moment, vous pouvez disposer, soumise.”
Pendant l’attente, l’aspirante soumise sort un parapluie afin de protéger Monsieur des vilains gros flocons qui osent gifler doucement son visage. Que de coquetterie. Je lui fais remarquer, je la sens troublée, vaguement inquiète. Mais ce n’est rien par rapport au moment où je l’invite à prendre place à l’arrière du véhicule… avec Monsieur! “Bien sûr, Monsieur”, qu’elle balbutie. Une fois à l’intérieur, je demande à clochette de nous faire le maximum de place. Monsieur a besoin d’espace, que je lui lance. “Enfin, je dis : Monsieur… je devrais plutôt dire que l’aspirante soumise va avoir besoin d’espace très bientôt.”
Le choix des rôles s’impose par la force des choses : clochette est la soumise de service qui conduit son propre véhicule. La dimension sécurité est fondamentale, car nos vies sont en jeu. Quant à fidelle, elle devient la soumise disponible, tourmentée, dévêtue, humiliée, exhibée aux regards de Monsieur le Vicomte et pour son bon plaisir, comme aime bien nous le rappeler son maître chaque fois que l’occasion se présente.
“Tête droite, soumise. Voiiiiilà. Les bras de chaque côté de votre corps, les jambes bien ouvertes. Bien. Maintenant fermez les yeux. Vous ne les ouvrez que si Monsieur vous le demande, c’est d’accord?” “Oui Monsieur.” Je savoure l’oeuvre de Maitre H du bout des doigts, du regard, avec le nez, le sourire en coin, les sens en éveil. Néanmoins, l’ouverture de ses jambes n’est pas satisfaisant. “C’est la jupe, Monsieur, qui…” Oui c’est à cause de la jupe, en effet que je souffle dans le creux de l’oreille de la chauffeure que j’agrippe par le chignon. “Mais d’abord, je sens l’aspirante soumise un peu à l’étroit. Je vais l’aider à relever sa jupe. N’est-ce pas que mademoiselle fidelle va aider Monsieur à relever sa jupe?”
“Oui Monsieur.”
“Monsieur va vous aider à relever votre jupe de façon à ce que nous puissions bien voir l’intérieur de ces cuisses que plusieurs inconnus ont pu regarder à profusion il y a de celà, quoi, un an et demi, lors de cette fameuse soirée des soumises cagoulées…” Je me penche sur elle et saisis sa jupe que je refoule jusqu’au dessus de son bassin. Malgré la lumière tamisée du véhicule, on voit distinctement le pourpre monter à ses tempes. Un régal.
Je voudrais bien lui faire ouvrir les yeux et sentir le trouble dans son iris, mais la fameuse retenue du dominant fait son oeuvre. Toux doux, que je me dis. C’est une soumise timide qui n’a pas beaucoup d’expérience des interactions autres qu’avec son mari-héros-dom-maître-seigneur. Anyway, quelqu’un est pressé?
Et puis, il y a ce dé. Ce fameux dé qui doit décider si pendant la soirée, mademoiselle inukshuk sera la soubrette ou la putain du donjon. C’est toujours très utile disposer de chiffres dans une soirée bdsm. J’en profite pour lui faire ouvrir la bouche afin qu’elle le saisisse avec ses dents ce dé. C’est là que je déplore l’absence d’un appareil-photo en mesure de témoigner de ce moment délicieux.
Pendant que clochette va chercher les souliers de Monsieur chez une amie (j’imagine la tête de V…), je transmets à fidelle la suite des choses. Je me garde alors de lui révéler que Monsieur enfoncerait bien un doigt en elle sur le champ, question de vérifier si son corps prend plaisir tout autant que Monsieur à ce jeu érotique. L’échapperait-elle le dé?
“Je vous regarde, là, votre culotte semble être à l’étroit, ou peut-être que je me trompe? Hummm… Le dé que vous portez entre les dents, Monsieur a très envie de s’en servir pour déterminer la manière de vous l’enlever votre culotte. Vous savez, c’est le même dé qui doit décider si ce soir, mademoiselle inukshuk sera la soubrette ou la putain du donjon.”
La mention de mademoiselle sert un double objectif : rappeler à cette scélérate que son Maître est en ce moment fort occupé avec une soumise, et qu’elle, la scélérate, elle n’est pas là. Comme c’est triste. C’est également un rappel de sa condition actuelle, présente, incontournable : fidelle est soumise à un pur étranger.
Je laisse les mots glisser lentement dans son oreille.
“Si le dé tombe sur un 1, l’aspirante retire sa culotte par elle-même devant Monsieur qui va l’observer attentivement… pendant que soumise clochette risque de se rincer l’oeil dans le rétroviseur, n’est-ce pas, soumise clochette?”
- “Oui Maître.”
Un frisson parcourt mon corps. Je ne permets pas à mademoiselle inukshuk de m’appeler Maître et là, une pure inconnue me désigne ainsi. Après une courte discussion sur la manière de dire les choses, je poursuis mon scénario.
“Si nous obtenons un 2, un 3 ou un 4, Monsieur retire votre culotte sans ménagement. C’est simple, je vous l’arrache sur le dos votre culotte. C’est exactement ce qui va arriver si le dé tombe sur un 2, un 3 ou un 4.
Avec un 5, Monsieur retire votre culotte tout en douceur et chuchotements.
Enfin, avec un 6, clochette va se joindre à Monsieur pour vous enlever votre culotte. Des mains féminines et des mains masculines glissant sur votre peau pour vous retirer votre petite culotte, vous imaginez les effets sur…?”
***
La soumise aspirante de Maître H est à quatre pattes sur la banquette arrière de la voiture, la culotte à la hauteur des genoux. Je la tourmente tout le long du chemin. Forcément, la chauffeure de service entend tout, jette des oeillades par le biais du rétroviseur, sentant parfois une main qui l’agrippe par le chignon et une voix qui lui marmonne des horreurs. Sans doute qu’au même moment, son Maître écarte les cuisses de mademoiselle inukshuk avec ses doigts et se fraie un chemin en elle pour bien la lubrifier avant d’insérer un cadeau.
Je me garde bien de dire aux poupées que j’aurais bien envie que l’on se rende à un endroit où elle entendrait très distinctement une femme se faire prendre sauvagement par deux hommes en même temps. Car je sais que je n’ai pas besoin de me rendre là. Je ne ressens pas la besoin de rendre jalouse l’aspirante soumise, ni de la faire se sentir mal. Déjà (ce doit être l’intuition masculine) je sens qu’elle en fait beaucoup durant cette soirée : obéir à un homme qu’elle ne connaît pas, être déshabillé par lui, prendre des postures humiliantes, ne pas savoir exactement ce qui l’attend.
Nous entrons dans Saint-Léonard, ce qui me donne une idée particulière que je relaie aussitôt à haute voix.
“Tiens, nous entrons dans Saint-Léonard. Il me semble que ce serait drôle d’arrêter à un coin de rue et de héler un groupe de jeunes blacks. J’imagine leur tête si Monsieur leur offrait une blondinette soumise à prendre à sec sur la carosserie de la voiture… enfin à sec, il se pourrait qu’elle soit un tantinet juteuse la blondinette à la perspective de se faire prendre par des inconnus sans préavis… et encore plus, sans lui demander son avis…”
Ce serait une belle entrée en la matière, avant d’arriver au donjon, que je leur fais remarquer aux nanas. L’aspirante soumise acquiesce avec un faible voix. Je savoure son trouble qui reviendra d’ailleurs la hanter plus tard dans la soirée lorsque son Maître lui demandera si ce genre de scénario l’excite, et qu’elle l’avouera avec un “oui” bien timide.
Pas de doute, elle est porteuse cette idée des godes à pattes. :- )
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Pour reprendre l’image du festival de la confiance, sa première édition fut un franc succès!
Cette soirée me permet d’oeuvrer à plusieurs niveaux. Je prends beaucoup de plaisir d’un côté dans l’exacerbation des sens de l’une, tandis que je confine l’autre exclusivement dans la dimension du service. C’est exactement la même dynamique qui implique mademoiselle inukshuk et la soumise novice. La première est confiée aux jeux des sens, alors que la seconde ne porte même pas de nom et sert de soubrette au donjon de la Dame.
Ce qui était d’abord un scénario fantasmatique d’une soumise-concerto à quatre mains est devenue un opéra complexe.
Je suis fort aise d’asseoir ainsi mon autorité sur mademoiselle inukshuk. Lui imposer une situation appartenant à ses fantasmes, alors qu’elle ne s’y attend pas le moindre du monde, me comble d’aise. C’est une façon de lui dire clairement que j’ai confiance en elle, en ses forces, en ses capacités de progresser dans son asservissement.
Je veux qu’elle cesse de croire que Monsieur veut se débarrasser d’elle… malgré la pensée tordue selon laquelle Monsieur se débarrasse d’elle pour mieux jouer tranquillement avec une soumise de passage. Ce scénario est aussi une façon de lui rappeler à cette béhanana qu’elle est l’objet des attentions prioritaires de Monsieur, même en présence d’une novice qui est là pour d’autres usages et intentions.
Oh, j’aurais pû faire appel à deux dominants célibataires et sans engagement pour réaliser ce scénario. C’eut été pour mademoiselle inukshuk une façon différente de vivre ce fantasme. Cela aurait sans doute donné un résultat plus proche de ce qu’évocait mlle lylia dans un commentaire, quelque chose de plus rude, de plus violent, plus chaud.
Sauf que, primo, je ne tiens pas à ramener mademoiselle inukshuk dans le jeu pour le jeu, ni dans les acrobaties sexuelles. Deuzio, il appert que les maîtres en lesquels j’ai une entière confiance, ils se comptent sur les doigts d’une main. Rares sont les doms qui ont autre chose en main qu’une cravache et le mot “punition” en bouche constamment. Ce n’est pas que la cravache ne soit pas amusante à manier, mais il y a autre chose dans le bdsm que les coups, les menaces et la douleur pour progresser. J’ose même croire que la douleur est la dernière chose utile dans la progression d’une soumise.
Je parle de maîtres en lesquels j’ai une entière confiance. Je tiens à les remercier profondément pour leur concours, ces Messieurs Sévère et H. Ma confiance en eux fut grandement récompensée. Ces deux hommes participent à leur manière à l’élaboration d’une oeuvre qui requiert beaucoup de lenteur, de patience et d’humilité. Je ne me rappelle pas où j’ai entendu ou lu ça, est-ce Maître H en fin de soirée ou à un autre tantôt, mais il est bien vrai que la présence de tiers dans l’asservissement de la soumise est infiniment précieuse, au delà de la simple équation sexuelle qui est en soi bien peu utile pour faire progresser une scélérate.
M. Valmont, en devinant ce soir là les états d’âme de fidelle et ainsi doser Vos interventions, Vous avez su faire preuve de discernement. C’est tout à Votre honneur. L’instinct et l’expérience sont des qualités importantes quand vient le temps d’oeuvrer, entre autre, avec des inconnu(e)s. Ce fût une soirée mémorable, dont les bénéfices se feront sentir longtemps.
À force de vivre une relation BDSM, on en vient à la banaliser en quelque sorte. Mais, quand on y pense, planifier et vivre de telles soirées, ce n’est pas rien! La plupart des gens n’ont même jamais vu l’acronyme BDSM.
Maître H
Comment par Maitre H — April 7, 2008 @ 1:24 pm