Le texte qui suit n’est pas un règlement de comptes, ni un acte de vengeance qui comme chacun le sait est un plat qui se mange froid.
Dans ce blogue-ci, comme partout ailleurs où j’écris sur le bdsm, j’ai toujours eu pour orientation de parler de ce qui marche. Pas de ce qui marche pas. Le salissage des autres, les potins, très peu pour mouah, merci. C’est l’une des raisons principales qui fait que je n’ai jamais trop envie de me rapprocher des espaces de socialisation bdsm (sites web, forums dédiés, salles de clavardage, soirées publiques) où les mesquineries juvéniles abondent, où jalousie, envie et haine font trois petites sœurs plus indissociables que des scélérates de première.
Le texte qui suit se veut davantage un exercice servant d’acte de recul à voix haute face à nos pratiques en marge. Je considère indispensable de faire un post-mortem à la fois de façon verbale et à la fois de façon écrite de nos interactions bdsm, de ces moments passés dans ce monde « parallèle » qu’est le “cadre des œuvres”, terme que j’emprunte volontairement ici à l’auteur des Amis de Germanicus.
Je n’ai pas la fibre « groupie », mais je reconnais dans les mots de Bob cette nécessité du recul, cette capacité de faire œuvre d’introspection, d’apprendre ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, et pourquoi. Au lieu de croire que l’on possède la science infuse et qu’on a tous les droits parce qu’on s’est octroyé une majuscule à notre nom, ou dans un registre plus large, parce que nous pratiquons une sexualité dite « ouverte », plus large d’esprit que celle des gens dits vanilles qui vivraient leur libido sur un mode morne et fade.
Je sais que ce texte déplaira souverainement à plusieurs personnes, y compris des personnes ayant participé à cette soirée des Sultans. Je ne m’en excuse pas. On en a assez des dangereux crinqués qui pullulent dans les cercles bdsm et qui abîment des personnes vulnérables autour d’eux. On en a marre des imbéciles qui manipulent les autres autour d’eux pour le seul plaisir de leur petite personne.
Celui qui arbore le pseudonyme de Monsieur le Vicomte de Valmont a bien des défauts et commis bien des erreurs dans sa vie chocolat, et il en commettra d’autres, malheureusement. Mais ledit Vicomte n’a jamais enfreint un consentement d’une personne soumise, la véritable ligne de démarcation entre ce qui est sain et ce qui ne l’est pas.
Dernière précision : je n’ai changé aucun nom dans aucun texte paru au sujet de la soirée des Sultans. Après avoir roulé la question dans tous les sens, après en avoir discuté avec certaines personnes qui y étaient présentes à cette soirée, après avoir même reçu des menaces, je pense qu’au lieu d’anonymiser les personnes et laisser le doute sur l’identité de qui a dit ceci et qui a fait quoi, il est préférable d’opter pour la franche lumière. D’autant que la part vanille n’est jamais entamée. Rien ne peut permettre aux gens ayant participé à cette soirée des Sultans d’être reconnus dans leurs activités quotidiennes et rien ne sera jamais fait pour que cet état de fait change.
Je ne voudrais pas non plus que des gens que j’apprécie et respecte doivent porter l’odieux des qu’en dira-ton.
Pour le reste, on va laisser faire les menaces et on va assumer tout et un chacun nos actes et nos paroles.
Lors d’une rencontre privée entre les Sultans (hormis un qui ne fut pas invité pour une raison sur laquelle je reviendrai ailleurs) et où leurs soumises n’étaient pas conviées, il fut discuté de la soirée des Sultans, et plus spécifiquement du rapport de mademoiselle inukshuk, lequel fait intervenir plusieurs questions importantes.
Après avoir lu à voix haute ledit rapport, deux questions furent lancées au principal intéressé : « qu’est-ce que tu penses de ce rapport? » et « comment comptes-tu réagir à ce rapport? »
J’ai reçu les réponses suivantes (en gras) de la part d’otello, la personne concernée au premier chef par le rapport de mademoiselle :
1. « C’est normal ce qui est arrivé, c’est ça le bdsm. »
Une soumise qui fait savoir au dominant à de nombreuses reprises qu’elle ne se sent pas bien, qu’elle ne veut pas quelque chose, c’est normal d’outrepasser sa volonté?
Je dis pas, une fois, deux fois, mais quatorze fois? C’est ça le bdsm, Monsieur l’expérimenté?
« Ce qui est écrit dans ce rapport, c’est pas des faits, c’est une interprétation. On le sait tous, les soumises ont tendance à exagérer. »
Voilà qui est bien vrai chez certaines personnes soumises, cette tendance à exagérer, à déformer les faits, voire à fabuler et inventer des histoires d’horreur qui ont le don d’attirer les sauveurs.
L’ennui ici pour touah, c’est que la soumise en question est une femme saine, qui fonctionne adéquatement dans toutes les sphères de sa vie. Elle a plusieurs défauts et enjeux importants, la nana mouskouri, mais ce n’est pas une menteuse.
« C’étaient des petits non avec un n minuscule. Elle était pas attachée, ta soumise, je ne l’ai pas battue. Elle pouvait partir n’importe quand. »
Elle pouvait partir n’importe quand, yeah right. C’est un gars ayant 150 ans d’expérience dans le bdsm et qui a fait des études en psychologie qui dit ça? Il a besoin que la soumise lui dise non 14 fois avant de lever le camp? Il a besoin de lui faire un bleu de la grosseur d’un cd sur la poitrine, pour ensuite lancer avec désinvolture : « je ne crois pas à ça, ce n’est pas vrai. »
Il ne l’a pas battue physiquement, non. La belle affaire. Et psychologiquement? N’est-il pas bien placé pour savoir tout ce que vit la soumise dans l’échange de pouvoirs? Sa vulnérabilité? Ses blocages? Ses difficultés à dire non? À ne pas vouloir déplaire à la personne qui détient les rênes du rapport d’autorité?
Et puis, si c’est tellement ça le bdsm, pourquoi cette crainte de la publication du rapport de mademoiselle inukshuk? Pourquoi les menaces?
2. « Je t’ai demandé de jouer avec ta soumise et tu m’as dit “oui”. Tu as consenti à ce qui est arrivé. »
Reprenons les mots de mademoiselle inukshuk :
« Il me dit alors de me détendre et me demande de quoi j’ai peur. Je lui dis, vous me faites mal, je ne suis pas maso et c’est clair que je vais rester crispé. Il me dit ‘as-tu peur de moi?’ Je lui réponds que non mais qu’il me fait mal. Et en plus, je me sens super mal ici, ce n’est pas dans le cadre des soins et je ne sais pas si c’est la volonté de Monsieur Valmont.’
Il me demande alors si Monsieur Valmont a donné une limite et je lui dis que non mais que j’aimerais pouvoir vérifier avec lui mais je ne veux pas le déranger. Je préfère arrêter.
Il me dit, je vais aller lui demander moi, est-ce que c’est correct? Je lui réponds que oui.
Pendant ce temps, je me lève et commence à m’habiller. Monsieur O revient en me disant que Monsieur Valmont lui a dit donné la permission et qu’en le voyant entrer dans la salle de bain, Monsieur Valmont en a perdu toute son érection. Mon cœur se serre et je prends un grand respire. Je me dis alors que je dois obéir à Monsieur Valmont et plaire à Monsieur O.
Il ne se souvient pas de la question posée, le bougre. Je lui rappelle : « Valmont, est-ce que je peux faire mouiller ta soumise? » C’est ça qui fut convenu de demander à celui qui guide les pas de mademoiselle inukshuk?
J’ai consenti à ce que la femme que je guide dans son apprentissage de l’asservissement depuis deux ans se fasse maltraiter en mon nom? J’ai consenti, mouah, à ce que cette femme se voit bafouer son droit le plus strict de refuser une activité en mon nom?
J’ai dis « oui », j’ai dis « oui ». Boulechite. On ne peut malheureusement pas dire que ce fut un consentement éclairé. Jamais le grand maître bdsm ne m’a fait part d’un quelconque malaise de mademoiselle. Jamais il ne m’a dit quoi que ce soit.
J’opterais davantage pour une manipulation malsaine et dangereuse.
Même après tout ce remue-camarades, dans le salon avant la démo de Sévère et sa pouliche, j’ai demandé expressément au grand maître ce qui c’était passé avec mademoiselle inuskhuk, si ça c’était bien passé. J’ai eu quoi comme réponse? « C’est une belle femme, ta soumise, Valmont ».
Et puis, la perte d’érection, on repassera. Monsieur est dans le bain à ce moment-là. Si le Monsieur qui est saoûl est capable de voir à travers un bain dans la pénombre…
3. « Tu n’es pas venu chercher ta soumise, ne me demande pas de faire ta job à ta place. »
En ce qui me concerne, je livrerai mon introspection en temps et lieu.
Mais parce que je n’ai pas été cherché la soumise, voilà qui justifie les dérapages. Le grand maître, lui, ne porte aucune responsabilité. Il a une soumise sous sa botte, il est saoûl, il est aigre, il a commis des gestes plutôt étonnants envers plus d’une soumise dans cette soirée, mais lui il est irresponsable n’est tenu à aucune responsabilité, c’est ça?
Poser la question, c’est y répondre.
4. « Moi, je suis hard, c’est comme ça que je fais du bdsm. »
Je m’excuse, mais je vais me permettre un jugement de valeur, coco bongo. Ton bdsm n’est pas sain. C’est pas ça du bdsm de faire comme si la soumise ne disait rien.
Ce n’est pas ta hardeur que je mets en cause, bite molle, mais l’absence de consentement éclairé, la présence de la manipulation la plus crasse qui soit.
Si tu m’avais fait part dans la salle de bains du malaise de la soumise au lieu de me manipuler grossièrement et de me mentir effrontément dans le salon, j’aurais pu te montrer, le tata, que cette soumise adore la douleur, comme toute soumise quand on la traite avec élégance et doigté, ce dont manifestement tu es bien dépourvu. J’aurais pu te la faire mouiller cette petite salope à l’aide d’une pluie d’élans de canne ou de lanières, juste pour toi qui aurait pu boire son nectar à la source, ce qui t’aurait fait dessoûler assez raide merci!
Heureusement et malheureusement, tu n’en es pas digne.
5. Le jugement de valeur sur la soumission de mademoiselle inukshuk.
Un autre passage de la béhanana :
« Il essai de comprendre ce qui me fait jouir. Il me dit : ‘Tu aimes quoi alors, tu penses à quoi quand tu te masturbe?’ Il me dit ‘tu ne veux pas jouir?’
Je lui réponds que non, je ne jouirai pas c’est clair à 200%. Il me dit que lui non plus et que c’est bon car on est franc un et l’autre. Lui il a besoin de donner de la douleur pour son plaisir. Que je ne suis pas une soumise, que je n’ai pas ma place ici avec eux.’
(…)
Il me dit ‘ben alors, toi tu trippes juste à te prosterner au pied de ton Maître. Et moi je ne suis pas ton Maître alors… Ce n’est pas ça du BDSM, t’es juste une petite fille mais je t’adore et tu es super belle.’
La soumise appelée mademoiselle inukshuk n’a pas de leçon de soumission à recevoir de personne. Le dénigrement dont elle a fait l’objet lors de cette soirée est inacceptable.
Combien de fois les soumises se font dire que « si tu n’apprécies pas la douleur, cocotte, t’es pas une vraie soumise »? Combien de fois dans une journée typique d’une salle de clavardage? Combien de fois au détour d’une « conversation » par messagerie instantanée?
Qu’un éminent grand vizir ose porter des jugements de valeur sur les soumises des autres, c’est ti-assez comique, non? Lors de cette soirée, elle était où sa « soumise » à celui qui ose dénigrer celle d’un autre?
Enfin, pour une fille qui n’est pas soumise, elle était prête à utiliser des condoms, la salope. Après toutes les saloperies qui lui furent faites, elle lui a même fait du café au nazi de pacotille. Et elle utilise un Monsieur avec une lettre majuscule dans son rapport.
Plus docile que ça…
6. « Je n’ai pas à m’excuser de quoi que ce soit envers qui que ce soit. Mais je veux bien rencontrer mademoiselle avec ou sans toi pour parler de tout ça. »
Ben oui, un fou dans une poche. Voir si je vais te laisser continuer ton entreprise de manipulation et de désinformation. T’as assez fait de dégâts comme ça, Caius Obtus, incapable de me dire à l’avance ce que tu envisages comme propos.
7. « Tu manques d’expérience, Valmont », « Tu manques de recul, Valmont », « tu as un christi de problème ».
Oui, passer outre un consentement, dénigrer la soumise d’un autre, manipuler un autre dom et lui mentir en pleine face, poser des gestes étonnants avec les soumises des autres, voir sa soumise lui faire faux bond la veille de l’événement, quelle grande marque d’expérience du grand maître!
Oui, j’ai un sacré problème, c’est bien vrai. J’ai fait confiance à un homme dont j’apprécie j’appréciais la soumise avec laquelle je discute discutais depuis sept ans. J’ai fait confiance en cet homme qui s’est comporté en goujat manipulateur de la plus petite envergure. Pire, avec le recul, je n’ai plus confiance en cette femme sa soumise qui nous a laissé tous tomber la veille de l’événement et qui s’est lancée dans une belle entreprise de manipulation par la suite en conviant des gens à une discussion privée sans qu’ils bénéficient du contexte.
Oui, j’ai un sacré problème, c’est bien vrai (bis). Je dois rebâtir le capital de confiance de mademoiselle inukshuk dans sa soumission. Je dois lui réapprendre à s’abandonner en toute confiance, sans devoir se poser 10 000 questions.
Si je manquais d’expérience et de recul comme tu dis, bozo, ton visage porterait encore la marque de ma cravache.
Si je manquais d’expérience et de recul comme tu dis (bis), je donnerais le feu vert à certains de mes amis qui n’ont qu’une de ces envies : t’enculer solidement dans un coin perdu dans Lanaudière avec une queue de nègre en te laissant pleurnicher 14 fois « non ». Surtout qu’on sait où tu travailles…
Sachez que je suis en total accord avec vous. Ce type de dérapage doit être sanctionné.
Bob
Comment par Bob — August 4, 2009 @ 10:28 am
Ketty la rouge , hotel particulier versailles , superbe donneuse , cela vous dit’il quelque chose svp ?
Merci …
Comment par VÉRITOS — September 14, 2009 @ 7:28 am
Non, Véritos. Cela ne me dit rien. Cela devrait?
Comment par Monsieur — September 14, 2009 @ 9:43 pm